
La réforme des retraites souhaitée par le gouvernement s'attaque à un puissant symbole du progrès social. Elle va à l'encontre de l'attachement des français à cet acquis social majeur : la retraite à 60 ans. S’il était voté, ce projet entraînerait une nouvelle régression pour les retraites des salariés qui s’ajouterait à toutes celles mises en œuvre depuis 1993.
La remise en cause du droit à la retraite à 60 ans est inacceptable ! Elle pénaliserait les jeunes à la recherche d’un emploi en obligeant des salariés, qui comptaient partir en retraite à 60 ans, à continuer à travailler. Elle ne répondrait pas au souhait légitime de partir avant 60 ans des salariés qui exercent un travail pénible.
Quant à l’allongement de la durée de cotisation prévu dans le projet gouvernemental, il est tout aussi inacceptable ! Il serait synonyme des nouvelles baisses du montant des retraites pour tous ceux qui sont mis hors des entreprises (souvent avant même 60 ans) sans avoir toutes leurs annuités. Le report à 67 ans de la limite d'application de la décote pour manque d'annuités aggraverait encore les conditions de départ en retraite des salariés aux carrières incomplètes, au premier rang desquels figurent de nombreuses femmes.
Les fausses solutions qui sont mises en avant conduiraient à une baisse des pensions et des salaires et frapperaient les revenus les plus faibles, alors que les plus riches et les revenus du capital passeraient entre les gouttes (plus 1 % pour la tranche supérieure d'impôt alors que de 2002 à 2010 ce taux a diminué de 12,75 %). Ce n'est pas la solution aux questions qui se posent : la bonne voie passe par une plus juste répartition des richesses.
L’objectif gouvernemental reste toujours le même : fragiliser le système de retraite par répartition, favoriser la montée en puissance des retraites par capitalisation (« la capitalisation ne doit pas être un tabou » a déclaré Xavier Bertrand, le secrétaire général de l’UMP). La droite n’a jamais réellement accepté les avancées sociales du programme du Conseil National de la Résistance, en particulier le principe des cotisations sociales qui représentent un salaire socialisé : les cotisations des actifs sont immédiatement versées aux retraités et échappent totalement aux banques et assurances.
Des actions ont eu lieu pour exiger du gouvernement qu'il retire son projet, mais celui-ci s'entête à maintenir sa contre-réforme. Le Parti Socialiste, le Parti Communiste Français, le Parti de Gauche, les Verts, le Parti Radical de Gauche, le Mouvement Républicain Citoyen, le Nouveau Parti Anticapitaliste, le Parti Ouvrier Indépendant ont donc décidé de s’organiser en "Front politique pour la défense de la retraite à 60 ans" dans le but :
- D’exprimer leur totale opposition au projet gouvernemental
- De défendre le droit à la retraite à 60 ans
- De refuser l’allongement de la durée de cotisation
- De défendre les retraites par répartition
- De combattre toute attaque contre l’ensemble des régimes de retraite
- De mettre en avant un financement assis sur une nouvelle répartition des richesses entre le capital et le travail
Les partis signataires resteront mobilisés tout l'été pour pouvoir réagir à toute éventualité et le "Front politique" qu'ils constituent organisera le lundi 6 septembre une réunion publique d'information et de débats : l'objectif est clair, ce projet ne doit pas voir le jour et seule une forte mobilisation populaire permettra d'obtenir son retrait.
Une réunion débat est organisée le lundi 6 septembre 2010 à 20 heures au centre multi activités de Saint Nicolas à Laval.




